• 1. APOLLONIA. Apollonia d’Illyrie (Albanie): prospections, fouilles et études archéologiques franco-albanaises

La mission franco-albanaise d’Apollonia d’Illyrie étudie l’histoire et la topographie de la ville grecque de sa fondation, vers 600 av. J.-C., au début de l’époque byzantine, à travers un programme de prospections géophysiques, de fouilles stratigraphiques et d’études de matériel archéologique.

En 2018, la mission épigraphique et archéologique franco-albanaise d’Apollonia d’Illyrie fête son premier quart de siècle. Fondée en 1992 par Pierre Cabanes et Neritan Ceka, elle repose sur un partenariat scientifique qui vient d’être renouvelé pour quatre ans grâce à un accord signé entre l’Institut archéologique de Tirana, l’UMR 8546-AOrOc (CNRS-ENS-EPHE, Université PSL) et les Écoles française de Rome et d’Athènes, en collaboration avec l’Institut de recherche en architecture antique (USR 3155). Les travaux sont effectués en coordination avec le parc archéologique d’Apollonia.

Aménagement de la réserve:

Par ailleurs, la campagne est consacrée aux travaux préparatoires indispensables pour la reprise des recherches de terrain. Cela passe d’abord par un plan de rénovation de la maison de fouille, qui a été construite en 1996 grâce au financement du Ministère français des affaires étrangères et du gouvernement albanais. Cette année on achève notamment l’équipement des réserves en étagères de stockage du matériel archéologique.

Relevés:

Sur le terrain, il était également nécessaire de remplacer le système de coordonnées locales sur lequel étaient fondés jusqu’à présent les relevés topographiques et les relevés architecturaux par un système en coordonnées internationales qui permettra de géoréférencer les vestiges dans toute l’aire urbaine (Ph. Lenhardt et S. Shpuza). Ce nouveau réseau sera notamment utilisé pour l’achèvement du modèle 3D photogrammétrique de la ville antique, démarré en 2017 et complété cette année dans les zones périphériques et jusqu’à la nécropole tumulaire.

On continue de manière concomitante le programme de relevé photogrammétrique des monuments de la ville haute, à commencer par les courtines de la fortification qui entourent la porte nord-est, en vue de la reprise des fouilles dans ce secteur. Ce travail prend place dans le projet d’étude architecturale et archéologique globale de la fortification, qui sera mené dans les prochaines années (N. Genis).

Aménagement d’un circuit de visites du site:

Enfin, l’équipe contribue au renouvellement du circuit de visite du site par le renouvellement des panneaux explicatifs trilingues, dans le cadre d’un partenariat avec le parc archéologique et l’ambassade de France en Albanie.

Formation:

Le chantier a une vocation de formation pratique à l’archéologie. Cette année trois étudiants de licence d’archéologie à l’Université de Tirana ont participé aux travaux et ont notamment appris à traiter les céramiques (du lavage à l’enregistrement et au dessin), à trier et nettoyer les enduits peints et les stucs, à enregistrer les parements de murs antiques dans la base de données ACoR. Plusieurs visites commentées du site et du musée ont été organisées.

• 2. ALBANIE. Peuplement et territoires dans l’Occident balkanique (IVe-XVe siècle): les sites médiévaux de Komani, Sarda et Lezha en Albanie
Lezha. L’enceinte interne de la forteresse. Vue de l’est (© V. Gallien)

Le programme de recherche est basé sur les résultats du programme archéologique «Peuplement et territoires dans l’Occident balkanique, IVe-XIe siècles», conduit en partenariat avec l’EFR de 2011 à 2016, et consacré à l’étude de deux sites médiévaux de la basse Vallée du Drin, Lezha et Komani.

Le nouveau programme s’est récemment élargi depuis l’intégration d’un troisième site, l’évêché de Sarda (île de Shurdhah) sur le Drin. La recherche en cours est concentrée sur l’achèvement de l’étude des résultats de fouilles conduites dans la ville haute de Lezha (citadelle et nécropole extra-muros avec ses églises) et sur le développement de fouilles programmées à Komani et Sarda. 

L’étude se donne comme objectifs de définir l’organisation et le fonctionnement de ces sites au sein de leur territoire propre et d’appréhender les modèles comparatifs régionaux de structuration de l’habitat et du peuplement, pour toute la durée du Moyen Âge.

• 3. VILLAEADRI. Les villae de l’Adriatique orientale: formes et chronologie de l’exploitation du littoral et des îles à l’époque antique
Loron/Santa Marina – Vue par drone des sites de Loron et Santa Marina
(Istrie – cl. P. Ružić)

Le programme réunit deux projets distincts ayant pour ambition d’étudier l’impact de la présence romaine sur les espaces côtiers en Adriatique orientale (Croatie), en se focalisant sur le modèle des grandes propriétés littorales et à partir d’approches pluridisciplinaires (économie, gestion des ressources, paléo-environnement). Le programme de Loron/Santa Marina en Istrie, au nord de la Croatie, est centré sur une grande propriété sénatoriale et impériale, connue pour accueillir l’un des plus grands ateliers d’amphores à huile de l’Adriatique septentrionale. Le projet actuel, dirigé par C. Rousse (AMU, Centre C. Jullian) en collaboration avec le musée territorial de Poreč, porte sur l’étude de la villa, les ressources du territoire et les impacts environnementaux de l’implantation romaine. Dirigé par A. Bertrand (Univ. Paris-Est MLV, ACP) et E. Botte (CNRS, Centre C. Jullian), le second projet est centré sur la Dalmatie centro-méridionale et vise à combiner deux approches souvent isolées l’une de l’autre: analyser tout à la fois les transformations économiques accompagnant la domination romaine et les modalités politiques et administratives de la gestion des territoires conquis en réfléchissant à l’échelle d’une région. L’angle d’approche privilégié est celui de l’économie, à travers l’étude historique et archéologique des villae dotées d’installations de production de denrées alimentaires (vin, huile, poissons) et/ou de leurs objets de commercialisation (amphores), mais également au moyen de campagnes de prospections sur des territoires plus étendus.

• 4. KVARNER. Études archéologiques et historiques des monastères et sites ecclésiaux insulaires de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge dans l’espace dalmate historique: l’exemple de l’archipel du Kvarner (Croatie)
Cliché aérien d’Osor (île de Cres); le site du monastère Saint-Pierre est au premier-plan (cl. S. Bully)

Notre programme de recherche s’appuie sur les acquis du programme «Monachisme insulaire dans le Kvarner du Ve au XIe siècle», mené entre 2010 et 2014 et consacré à un recensement des sites et complexes ecclésiaux potentiellement monastiques. Le nouveau programme est consacré à l’achèvement de l’étude archéologique du monastère Saint-Pierre d’Osor et au développement des fouilles programmées sur les complexes de Martinšćica et de Mirine d’Omišalj. Il se décline dans en second volet, dont le périmètre est celui d’une recherche historique sur l’origine des établissements monastiques, sur leurs relations avec les différents pouvoirs et les réseaux auxquels ils appartiennent.

État de l’art

En comparaison avec d’autres pays européens, la recherche croate s’est peu emparée de la question du monachisme et des monastères. La raison de ce désintérêt pour l’archéologie monastique – au sens d’une appréhension générale d’une topographie et de la genèse d’un complexe architectural – sur la côte adriatique croate est vraisemblablement liée à la nature des vestiges, à leur état de conservation et à la difficulté d’appréhender des structures et des dispositifs qui ne renvoient pas obligatoirement à des modèles ou des schémas connus par ailleurs. L’indigence des sources écrites pour les périodes hautes limite notre appréhension du paysage monastique. Mais ces dernières années, outre de nouvelles recherches de terrain, trois colloques internationaux ont marqué le nouvel intérêt porté au «fait monastique» dans toute sa diversité, archéologique comme historique, dans l’espace adriatique et plus particulièrement en Croatie.

Intérêt scientifique

Les modalités et les conditions de la diffusion d’un premier monachisme de l’Antiquité tardive, jusqu’à l’arrivée des bénédictins entre les IXe et XIe s. sur le littoral croate, sont au cœur de nos problématiques scientifiques. L’une des principales difficultés rencontrées réside dans l’identification même des complexes monastiques au sein du grand nombre de sites ecclésiaux du littoral croate et dont la fonction peut être bien différente. La question qui se pose également est celle du passage possible d’une fonction à une autre. Cette difficulté résulte aussi de la définition d’un monastère, tant l’acceptation de cette dénomination recouvre des réalités architecturales, des pratiques religieuses, des usages ou des statuts différents en fonction des lieux et des périodes.

Nous nous proposons de poursuivre une lecture et une analyse des sites à plusieurs échelles: celle du monument, celle du complexe auquel il appartient, et celle du paysage/espace dans lequel il s’inscrit.

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